VALÉRIE GIOVANNI
Née en 1969 à Cannes, France
Vit et travaille en Corse, France
Artiste diplômée de l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle de Paris, Valérie Giovanni développe une pratique de recherche consacrée aux relations entre territoire, mémoire et fabrique des mythes. À travers une démarche d’immersion, elle explore les processus par lesquels les communautés élaborent, transmettent et réinventent les récits qui fondent leurs identités, leurs patrimoines et leurs imaginaires collectifs.
Depuis plusieurs années, son travail interroge les formes de transmission qui relient les individus aux lieux qu’ils habitent. Il y a six ans, elle décide de s’installer dans un village corse de 60 habitants. Cette décision est un véritable « geste de recherche » et marque une étape décisive dans son parcours. Loin d’être un point de départ, ce choix prolonge une recherche déjà engagée et lui offre un territoire d’observation privilégié. La Corse devient le premier laboratoire d’une enquête artistique menée au long cours, où le territoire est envisagé comme une archive vivante, un espace d’expérience et un générateur de récits.
Mobilisant la vidéo, l’installation et la performance, Valérie Giovanni s’intéresse aux pratiques vernaculaires, aux figures féminines, aux savoirs situés, aux gestes hérités et aux formes de mémoire qui traversent les générations. Ses œuvres révèlent les porosités entre histoire et fiction, mémoire individuelle et mémoire collective, tout en mettant en lumière la manière dont se construisent les mythologies qui continuent de modeler notre rapport aux lieux et aux héritages.
À la croisée de l’enquête artistique, de l’archive sensible et de l’observation anthropologique, sa démarche fait émerger des formes où dialoguent expérience intime et histoire partagée. Chaque projet procède d’une immersion dans un territoire singulier afin d’en révéler les récits visibles autant que les structures symboliques plus discrètes, celles qui organisent les représentations, les appartenances et les imaginaires collectifs.
Si la Corse constitue aujourd’hui le premier territoire de cette recherche, celle-ci a vocation à se déployer dans d’autres contextes géographiques et culturels. En faisant de chaque territoire un terrain d’exploration, Valérie Giovanni poursuit une même question : comment les sociétés fabriquent-elles leurs mythes, et comment ces récits continuent-ils d’habiter les paysages, les gestes et les mémoires ? Son œuvre invite ainsi à considérer le patrimoine non comme un héritage figé, mais comme une matière vivante, sans cesse réinventée par celles et ceux qui la transmettent.